La guerre 1914-1918 : 2 août 1914

Publié le 15 juin, 2009 à 3:02 par admin

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La guerre au jour le jour

Dimanche 2 août 1914

C’est ce jour-là que les hostilités ont commencé. Car, avant toute déclaration de guerre, les Allemands envahirent notre territoire sur plusieurs points; violant notre frontière en même temps que la neutralité du Luxembourg, puisqu’ils n’hésitèrent pas à traverser ce pays pour atteindre le territoire français. C’est ainsi qu’une de leurs colonnes put entrer en France non loin de Longwy, cherchant à contourner cette place par le sud. Mais les canons de celle-ci l’eurent bientôt arrêtée, et il lui fallut rebrousser chemin après une randonnée de quelques kilomètres.

Presque en même temps, à l’autre extrémité du département de Meurthe-et-Moselle, en face de Cirey-sur-Vezouse, quelques pelotons de cavalerie franchissaient la frontière et venaient occuper Bertrambois, qui s’en trouve à près de 2 kilomètres. Mais ils en furent bientôt chassés. A Montreux-Vieux, en face de Montreux-le-Château, sur le territoire de Bel fort, ce furent des cyclistes alle­mands qui attaquèrent notre poste frontière. Heureusement les douaniers, à coups de fusil, les contraignirent à se replier. Il n’y eut que quelques blessés de part et d’autre. Non loin de là, à Suarce, tout près de Petit-Croix, un escadron de cavalerie allemande pénétra brusquement dans le village au moment même où le maire opérait la réquisition des chevaux. Tous ceux-ci se trouvèrent ainsi capturés, en même temps que les hommes qui les conduisaient ; ils furent emmenés de l’autre côté de la frontière.

Un autre escadron de cavalerie parvint même jusqu’auprès de Délie. D’ailleurs, dès le matin, un certain nombre de cavaliers, commandés par deux officiers, avaient poussé jusqu’à Joncheray, à 10 kilomètres de la frontière, distance à laquelle, par un excès de correction, nous maintenions nos troupes de couverture. Toutefois le poste qui défendait Joncheray, et dont le chef, un caporal, fut tué, empêcha les Allemands d’aller plus loin : tuant un de leurs officiers et prenant quelques hommes, tandis que les autres s’enfuyaient.

Il en fut de même encore sur plusieurs points de la région des Vosges, où nos avant-postes eurent à repousser des cavaliers accompagnés parfois de fantassins. Ces diverses opérations pouvaient sembler ne pas avoir, matériellement, une très grande importance. Elles n’en avaient pas moins, sans doute, un but militaire très sérieux : celui de tâter notre couverture pour en apprécier la solidité, afin de savoir jusqu’à quel point l’attaque brusquée sur Nancy, par exemple, était possible.

Seulement, une telle façon d’agir avant la déclaration de guerre, dut paraître un défi jeté par les Allemands à l’opinion publique européenne. Et il en fut encore ainsi, même après la guerre déclarée, de leur passage à travers le Luxembourg, un pays neutre. Pourtant, loin de l’évacuer quand ils l’eurent traversé, les Allemands continuèrent à l’occuper.

1914-1918 : carte du 2 août 1914

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