Les photos
Une collection de photographies de la première Guerre mondiale
Nous vous proposons une collection de photographies numérisées à partir de journaux et revues d’époques couvrant la période 1914-1920.
Une approche de la guerre de 1914-1918 par la photographie et les documents
Le site que nous vous présentons en ces années de centenaire de la première Guerre mondiale est un site d’images et de photographies. Ce conflit qui donne lieu a de multiples analyses fut l’un des premiers après la guerre de Sécession a être « couvert» , à des degrés divers par les journaux ou les magazines et la photographie y fut a l’honneur. C’est donc par la photographie et de manière chronologique que nous présenterons un certain nombre de photographies extraites de publications contemporaines de cette guerre de 1914-1918. Un témoignage direct sur la première Guerre Mondiale et ses conséquences
Nous n’inclurons pas de commentaires, analyses mais laisserons les photographies et chroniqueurs de la première Guerre mondiale témoigner de ce temps à la fois si lointain et si proche. Le site est évolutif et reste ouvert a vos suggestions et commentaires. Les photographies de la guerre de 1914-1918 sont numérisées avec leurs commentaires lorsque celà est possible. Certaines gravures, comme photographies témoignent de l’état d’esprit qui régnait durant ces années de guerre.
Les sources de nos photographies
Les photographies que nous présentons sont extraites de parutions contemporaines de la guerre de 1914-1918 :
- le Miroir
- la Guerre documentée
pour la majeure partie d’entre elles.

La guerre, les corps, vivants et morts …
Jules Romain, qui ne fut pas combattant, dans ses deux romans « Prélude à Verdun» et « Verdun» analyse avec une extraordinaire profondeur les transformations profondes que la guerre « industrielle» apportent à la société des hommes. Tirés de sa suite « Les Hommes de bonne Volonté» , les deux romans brossent des portraits comme gravés au trait dur et incisif des différents personnages de cette guerre, soldat, civil de l’arrière, industriel profiteur, fonctionnaire de l’intendance…
A Maurice Genevoix qui écritvit un remarquable roman autobiographique sur la guerre de 1914-1918, membre de l’Académie française comme lui, qui lui demandait ou l’auteur avait trouvé des détails qui sonnaient si juste, Jules Romain répondit : « dans vos oeuvres mon cher confrère !» …
Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer ces quelques lignes à la force descriptive acablante comme introduction à ce site et à l’immense littérature sur la première Guerre mondiale qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets.
[...] Et le corps, me diras-tu ? [...] D’abord, le froid. Hantise épouvantable, l’hiver dernier, pour tous les hommes du front, avec des formes raffinées du supplice comme les pieds gelés, ou plutôt les pieds macérés, pourrissant de pourriture pâle : un homme vivant qui se découvre tout à coup des pieds de cadavre avancé. [...] La nourriture ? A cet égard nous sommes évidemment moins à plaindre que nos hommes. On les traite en ce moment très mal ; plus mal que dans le dernier hiver de la guerre. [...] On leur sert des brouets de prisonniers, et ils n’en ont pas à leur faim. S’il n’y avait pas les colis des familles… Mais beaucoup des miens sont des régions envahies, donc ne reçoivent rien de chez eux. [...] La saleté. Parlons-en un peu. [...] Ici, pour l’instant, [...], nous ne connaissons pas la grande saleté n°1 ; mais je l’ai connue, et je la connaîtrai peut-être encore : le temps où l’on reste quatre ou cinq jours de suite sans rien se laver, même le bout du nez. [...] Bien entendu on dort sans se déshabiller, les souliers délacés tout juste. (Parfois, dans un excès d’audace, je les enlève.) [...] Les séjours au cantonnement nous permettent des nettoyages assez consciencieux. La vie au grand air arrange bien des choses. Nous mangeons sobrement et nous « brûlons» beaucoup. Bien des impuretés, internes ou externes, se volatilisent ou changent de ton. Au total, je sens certainement moins mauvais que Louis XIV. J’ai même fait des constatations assez curieuses. Que les hommes que je croise dans les tranchées aient une odeur forte, c’est indéniable.
Mais c’est l’odeur que j’ai souvent sentie, dans mon pays, sur des paysans qui travaillaient aux champs : une odeur qui tend vers celle des bêtes (les bêtes ne se lavent guère non plus) ; une odeur qui a quelque chose de forestier [...] Les poux… [...] Dans mon coin, il y a peu de poux, mais il y en a. D’autres tranchées, à cinq cents mètres sur la droite, en sont infestées, et par des représentants d’une espèce géante, qui sont à l’honnête pou ordinaire ce que le rat d’égout est à la souris de grenier. Le pou est heureusement un animal qui ne pratique guère le voyage à pied. Il se sert des véhicules (que nous sommes), et ses principaux déplacements sont des changements de véhicules. J’ai prescrit à mes hommes de tout faire pour tenir à distance leurs camarades des tranchées de droite [...] Je t’ai parlé de l’odeur des vivants. Il faut que je te parle de l’odeur des morts. Tant pis pour toi. [...] Nous ne vivons pas « dans» l’odeur des morts, pas plus qu’au printemps 1914 nous ne vivions à Paris « dans» l’odeur de l’essence d’autos. Mais l’odeur des morts fait partie de notre paysage ordinaire. [...] Le plus curieux de l’affaire, c’est la façon dont les hommes vivants prennent ça. [...] D’abord, et cela se devine, les hommes ont acquis une grande familiarité avec les choses de la mort. Ils ne s’en émeuvent pas facilement. Quand le vent leur apporte une odeur de macchabée, ils remarquent presque en rigolant : « ça schlingue !» [...] Quand, au détour d’un boyau, ils voient dépasser de la terre les deux pieds d’un cadavre encore dans leurs chaussures (spectacle assez fréquent), ils diront très bien, si les pieds sont un peu importants : « ben ! le frère, il ne chaussait pas du 38.» [...] A côté de ça, il subsiste des dégoûts très vifs, des peurs presque superstitieuses. J’ai vu des hommes se faire engueuler, menacer de punitions graves, plutôt que d’accepter d’enlever, à l’aide de leurs outils habituels, des morceaux de cadavres engagés précisément dans une paroi ou un parapet. Mais j’en ai vu un autre débourrer sa pipe en la tapotant contre une tête de tibia, nette de chair, [...], qui émergeait du sol [...] Un camarade m’a conté que dans une tranchée du Soissonnais, [...], les hommes accrochaient volontiers leur képi, ou la courroie d’une musette, à une main, desséchée et toute noire, qui sortait de la paroi, à bonne hauteur, [...], mais qu’ayant voulu mettre fin à cette pratique qui lui répugnait, et donné l’ordre de couper la main et de l’enterrer, il n’avait trouvé personne pour exécuter le travail.»
(J.Romains, Les hommes de bonne volonté, prélude à Verdun, 1938, Paris 1988, p. 102-105, collec. Bouquins, éd. Robert Laffont) Merci au site « Ah bon»
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